10 mensonges sur le Bitcoin : guide débutant

10 mensonges sur le bitcoin

Dans cet article, on démonte les 10 mensonges sur le Bitcoin les plus répandus. Vous allez comprendre d’où viennent ces idées reçues et comment les vérifier avec une approche d’éducation financière, pour vous former sans vous faire piéger.

Bitcoin intrigue, fascine et déclenche aussi une avalanche d’idées reçues. D’un côté, certains le réduisent à une arnaque ou à un gadget inutile. De l’autre, d’autres le présentent comme une solution miracle qui va tout remplacer demain matin. Entre ces deux extrêmes, il existe une réalité plus nuancée  et surtout plus intéressante.

Avant de plonger dans ces 10 mensonges sur le Bitcoin, retenez une chose : beaucoup d’idées reçues viennent d’une confusion entre Bitcoin et certains projets crypto douteux.


1) « Le Bitcoin est une arnaque »

Pourquoi on y croit

Les scandales crypto font régulièrement la une : plateformes qui s’écroulent, influenceurs douteux, projets miracles qui disparaissent. Alors, beaucoup concluent : si des arnaques existent, tout est une arnaque.

Ce qui est vrai

Bitcoin, en lui-même, n’est pas une arnaque. C’est un protocole public, transparent et auditable : tout le monde peut consulter son code, vérifier ses règles, et suivre les transactions sur la blockchain. En revanche, des arnaqueurs utilisent la popularité de Bitcoin pour piéger des débutants (fausses promesses de rendement, faux “conseillers”, sites clones, etc.).

Le piège, ce n’est pas Bitcoin, ce sont les mauvais intermédiaires et les promesses irréalistes.


2) « Le Bitcoin ne sert à rien »

D’où vient cette idée reçue

Si vous ne voyez Bitcoin que comme un truc pour spéculer, toute consommation d’énergie ou toute volatilité semble injustifiable. C’est logique mais incomplet.

Ce que Bitcoin apporte concrètement

Bitcoin sert avant tout à transférer de la valeur sans dépendre d’une autorité centrale. Concrètement, il peut être utile pour :

  • envoyer de l’argent à l’international sans passer par plusieurs banques,

  • se protéger d’un système monétaire instable dans certains pays,

  • conserver une épargne dans un actif rare, avec des règles connues à l’avance.

De plus, des couches comme le Lightning Network facilitent des paiements plus rapides et à moindre coût. Autrement dit, Bitcoin n’est pas juste un prix qui monte ou qui baisse. Il répond à des besoins réels pour une partie du monde.


3) « Le Bitcoin est illégal »

Pourquoi ça revient souvent

Les règles changent selon les pays. Et dès qu’un gouvernement annonce une restriction, beaucoup traduisent ça par interdit partout.

La réalité

Dans la majorité des cas, les États régulent plutôt qu’ils n’interdisent. Les plateformes sérieuses appliquent des règles proches du système bancaire (vérification d’identité, lutte anti-blanchiment, déclarations). Certes, certains pays limitent fortement l’usage, mais « Bitcoin est illégal” est une généralisation trop rapide.

Comprendre le cadre légal, c’est aussi faire partie d’une bonne éducation financière. Vous n’avez pas besoin d’être juriste, mais vous devez savoir dans quel environnement vous agissez.


4) « On ne peut pas payer avec du Bitcoin »

Ce qu’on imagine

Beaucoup pensent : “Personne n’accepte Bitcoin, donc ça ne sert à rien au quotidien.”

Ce qui se passe vraiment

Vous pouvez déjà payer avec le Bitcoin de plusieurs façons :

  • via des services et cartes de paiement liés à des comptes crypto,

  • sur des sites e-commerce qui acceptent les paiements crypto,

  • dans certains commerces physiques selon les pays et les villes,

  • via Lightning dans certains réseaux de commerçants.

Alors oui, ce n’est pas encore aussi répandu que la carte bancaire. Cependant, dire “on ne peut pas payer” est faux : on peut, et l’écosystème progresse.

À ce stade, vous avez déjà vu 4 des 10 mensonges sur le Bitcoin les plus fréquents.


5) « Le Bitcoin est une catastrophe écologique »

Pourquoi ce mensonge

Dans cette liste des 10 mensonges sur le Bitcoin, le sujet de l’énergie est souvent celui qui déclenche le plus d’émotions donc le plus de raccourcis.

L’argument est simple : Bitcoin consomme de l’électricité, donc Bitcoin détruit la planète. C’est une phrase courte, choquante, et facile à partager.

Le sujet réel : énergie, sécurité, et comparaison

Bitcoin utilise un mécanisme appelé preuve de travail (Proof-of-Work). En clair, des machines réalisent des calculs pour sécuriser le réseau et valider les blocs. Cette dépense énergétique sert un objectif : rendre le réseau extrêmement difficile à attaquer.

Ensuite, il faut comparer correctement :

  • La consommation de Bitcoin ne se juge pas uniquement “en soi”.

  • On la compare à ce que Bitcoin remplace ou complète (transferts internationaux, infrastructures bancaires, systèmes de paiement, etc.).

  • Et surtout : l’électricité n’est pas automatiquement synonyme de pollution. Ce sont les sources de production (charbon, gaz, renouvelables, surplus) qui déterminent l’impact.

Enfin, il existe un point souvent oublié : les mineurs recherchent l’énergie la moins chère. Or, l’énergie la moins chère se trouve souvent dans les surplus (notamment renouvelables) qui seraient autrement gaspillés. Dans certains cas, le minage peut même aider à stabiliser un réseau électrique en absorbant l’excédent quand la demande est faible, puis en s’arrêtant quand la demande augmente.

Le débat écologique est sérieux, mais il n’est pas résumé par “Bitcoin = catastrophe”.

Pour aller plus loin sur l’impact environnemental du Bitcoin et comment la désinformation a corrompu le débat (INBi)


6) « Le Bitcoin n’a aucune valeur, c’est du vent »

Idée reçue sur la valeur : l’erreur classique

On confond “je n’en vois pas la valeur” avec “ça n’a aucune valeur”. Pourtant, la valeur n’est pas une propriété magique : elle dépend d’un jugement humain.

Valeur du Bitcoin : comment la comprendre simplement

Un objet a de la valeur parce que des personnes le jugent utile et/ou rare dans un contexte donné. Ce jugement change selon l’individu, le moment, et la situation. Bitcoin peut ne pas répondre à vos besoins aujourd’hui. Cependant, d’autres y voient :

  • une réserve de valeur alternative,

  • un moyen de paiement résistant à la censure,

  • un outil d’épargne dans des pays inflationnistes.

Ainsi, ce n’est pas du vent : c’est un actif dont la valeur dépend de l’utilité perçue et de la confiance dans ses propriétés (rareté, portabilité, divisibilité, etc.). Autrement dit, on peut débattre de sa valeur mais on ne peut pas balayer le sujet d’un revers de main.


7) « Le Bitcoin, c’est pour les criminels »

Pourquoi ce cliché persiste

On retient les histoires de rançongiciels et de marchés noirs. Et ensuite, on imagine que Bitcoin sert principalement à ça.

La réalité : un outil, pas une intention

Bitcoin est un outil. Comme internet, comme l’argent liquide, comme une voiture. Des criminels peuvent s’en servir, mais ça ne définit pas l’outil.

De plus, Bitcoin laisse des traces : les transactions sont enregistrées sur une blockchain publique. Les enquêteurs utilisent d’ailleurs des outils d’analyse de chaîne pour remonter certaines activités. C’est précisément pour cela que beaucoup de criminels préfèrent d’autres méthodes.

Donc, oui, il existe des usages illicites. Non, ce n’est pas la monnaie des criminels. C’est une idée reçue construite sur une généralisation.


8) « Le Bitcoin est anonyme » (ou à l’inverse : « il est totalement transparent »)

Mythe de l’anonymat : deux extrêmes qui se contredisent

Vous entendrez parfois : “Bitcoin est anonyme, donc c’est louche.” Et parfois l’opposé : “Bitcoin est totalement transparent, donc il n’a aucune confidentialité.” Les deux phrases simplifient trop.

Confidentialité Bitcoin : pseudonymat et bonnes pratiques

Bitcoin n’affiche pas votre nom sur la blockchain. Il affiche des adresses. Cependant, dès qu’une adresse est liée à votre identité (par exemple via une plateforme réglementée), on peut parfois relier des transactions à une personne.

En même temps, Bitcoin n’est pas non plus “transparent au point de tout révéler”. Le niveau de confidentialité dépend beaucoup de vos pratiques : réutilisation d’adresses, regroupement d’UTXO, échanges entre plateformes, etc.

Conclusion pratique : Bitcoin n’est ni parfaitement anonyme, ni totalement transparent. Il se situe entre les deux.


9) « Le Bitcoin n’est pas une vraie monnaie »

Pourquoi on le dit

On compare Bitcoin à une monnaie d’État, puis on constate qu’il n’a pas de banque centrale, pas de cours forcé partout, et une volatilité importante. On conclut alors : “ce n’est pas une monnaie”.

Comment réfléchir autrement

La monnaie n’apparaît pas uniquement par décret. Historiquement, des objets sont devenus monnaie parce que les gens les ont choisis dans leurs échanges. Ensuite, les États ont encadré et monopolisé ces usages.

Bitcoin peut fonctionner comme :

  • moyen d’échange (même si ce n’est pas universel),

  • réserve de valeur (surtout pour ceux qui cherchent un actif rare),

  • unité de compte (encore limité, mais existant dans certains contextes).

Vous n’êtes pas obligé de l’utiliser comme monnaie au quotidien pour reconnaître qu’il possède des propriétés monétaires fortes (divisibilité, portabilité, rareté, durabilité). Là encore, la réalité est graduelle, pas binaire.


10) « Les bitcoins sont ultra-concentrés » (et donc “injustes”)

Le chiffre qui circule

On entend parfois : “2 % des ‘comptes’ possèdent 95 % des bitcoins.” Cette phrase impressionne mais elle mélange des notions techniques.

L’erreur : confondre “adresse” et “personne”

Sur Bitcoin, il n’existe pas de comptes comme à la banque. Il existe des adresses, et une personne peut en contrôler plusieurs. À l’inverse, une adresse peut représenter une plateforme ou un service qui garde les fonds de millions d’utilisateurs.

De plus, une part des bitcoins est associée à des adresses dormantes (pertes de clés, anciens portefeuilles). Ces coins existent toujours sur la blockchain, mais personne ne peut les déplacer.

Donc, oui : certaines adresses détiennent beaucoup.
Mais non : cela ne prouve pas qu’une poignée d’individus possède tout.


Bonus: « Le Bitcoin est une pyramide de Ponzi »

Pourquoi certains le pensent

Le prix dépend de l’offre et de la demande, et il y a des nouveaux entrants. Alors on crie au Ponzi.

Pourquoi ce n’en est pas un

Un Ponzi promet des rendements, paie les anciens avec l’argent des nouveaux, et repose sur une organisation centrale frauduleuse. Bitcoin ne promet rien. Il ne distribue pas de rendement garanti. Il n’a pas de caisse centrale. Il existe juste un marché où acheteurs et vendeurs fixent un prix.

Le fait qu’un actif prenne de la valeur avec la demande n’est pas un Ponzi. C’est un mécanisme de marché. Sinon, il faudrait appeler Ponzi une grande partie des actifs financiers , ce qui n’a aucun sens.


Conclusion : que retenir des 10 mensonges sur le Bitcoin ?

Maintenant que vous connaissez ces 10 mensonges sur le Bitcoin, vous pouvez prendre du recul, vérifier les sources, et vous former avec méthode.

Les rumeurs sont bruyantes. Pourtant, la réalité est plus claire dès que vous adoptez une méthode simple : apprendre, vérifier, comparer.

Pour avancer sans vous perdre :

  1. Identifiez l’idée reçue (phrase choc, raccourci, généralisation).

  2. Demandez-vous : “De quoi parle-t-on exactement ? Bitcoin, ou l’écosystème autour (plateformes, projets, influenceurs) ?”

  3. Cherchez des explications pédagogiques et contradictoires pour vous former progressivement.

  4. Renforcez votre éducation financière : vous serez plus solide face à la peur, à l’euphorie, et aux discours extrêmes.

Pour aller plus loin et mieux comprendre ce qu’est le Bitcoin, vous trouverez ce Guide sur le Bitcoin pour débuter

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